La méthode SMART date de 1981, formulée par George Doran dans un contexte de management industriel américain. Elle demande que chaque objectif soit Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel. Ce cadre fonctionne bien pour des tâches opérationnelles, mais il échoue à capturer les objectifs qualitatifs que poursuivent souvent les entrepreneurs seniors.
Ce que SMART ne mesure pas
Un dirigeant de 65 ans peut vouloir transmettre son entreprise dans des conditions qui préservent sa culture interne. Cet objectif est difficilement quantifiable en indicateurs hebdomadaires. Pourtant, il guide des décisions structurantes pendant 3 à 4 ans. La méthode SMART, appliquée strictement, pousserait à le reformuler jusqu'à le vider de son contenu réel.
Une approche complémentaire observée sur le terrain
Des consultants travaillant avec des dirigeants de plus de 55 ans, comme Isabeau Trémeau au cabinet Adviso Paris, utilisent depuis 2019 une grille en 2 niveaux : un objectif central qualitatif, décliné en 3 indicateurs de progression trimestriels. Ce format maintient le sens sans sacrifier la lisibilité. Les participants rapportent une adhésion plus durable sur 12 mois que lorsqu'ils utilisaient SMART seul.
Le problème avec l'application uniforme de SMART est qu'elle suppose que tout ce qui compte peut être chiffré dans un délai court. Pour des décisions complexes à maturité longue, ce postulat ne tient pas.